Par Ludovic Toma
Stéphan Charmasson, présent à Provence Prestige depuis plus de dix ans, emploie une cinquantaine de salariés dans son exploitation du Mas Daussan.
Arles
Dirigeant l’exploitation du Mas Daussan, à Arles, le producteur de fruits bio est un habitué de Provence Prestige. Il y défend les valeurs d’une agriculture saine et socialement engagée.
Des pommes, des poires et même du poivre. Producteur de fruits au Mas Daussan, en Camargue, Stéphan Charmasson, 52 ans, est la 4e génération à porter l’exploitation créée par son arrière-grand-père. Quant à la suite : « Ce n’est pas grave si ce n’est pas quelqu’un de la famille qui reprend. Le principal, c’est que notre œuvre, nos valeurs sont perpétuées. » Au départ viticulteurs, les Charmasson se sont progressivement convertis dans l’arboriculture, avec un passage en bio en 2009.
Depuis quelques années, l’exploitation a diversifié sa production, à la base exclusivement de pommes, en s’ouvrant sur l’arc méditerranéen : figue, amande, pistache, grenade, kaki, kiwi, gogi, nèfle, jujube, feijoa, nashi, pêche, cerise, abricot, prune, coing, raisin de table…
Au fil des saisons, ce sont au total 17 espèces de fruits cultivées dans son exploitation d’une centaine d’hectares, « qui ressemble plus à l’Espagne qu’à la Normandie », sourit-il dans un clin d’œil à sa production historique. Une conséquence du dérèglement climatique, les pommes et les poires souffrant de la chaleur.
Le Mas Daussan, c’est aussi des produits transformé&s : confitures et compotes, jus et nectars. Et de cumuler aussi les certifications : bio, biodynamie, bio cohérence, HVE (haute valeur environnementale) et même bio Suisse pour pouvoir toucher le marché helvète. Stéphan Charmasson vend sa production directement en magasin, dans un triangle entre Valence, Béziers et Nice. « Il y a énormément de demande à Marseille et sur la Côte d’Azur où il n’y a quasiment pas de production. J’ai dix livreurs qui tournent toute la journée. » Mais il donne un rayonnement beaucoup plus large à ses fruits bio. « J’ai aussi acheté un box au marché de Rungis, baptisé ‘Chez les producteurs du Sud’, où, tous les matins, mes commerciaux vendent aussi les légumes frais de mes collègues maraîchers bio autour de Graveson« , explique l’Arlésien.
Un véritable engagement politique
Stéphan Charmasson vit son métier comme un véritable engagement politique. « J’essaie de montrer l’exemple d’une exploitation la mieux-disante possible, pour le personnel, pour l’environnement et pour la santé », explique le chef d’entreprise qui précise ne pas recruter de travailleurs détachés, ne pas précariser ses employés et essayer « de faire le maximum pour les salariés/ Ils tournent sur six mois et la diversification permet de leur offrir du travail toute l’année. » Et de constater : « Quand on paye les gens aux justes prix, on trouve plus facilement de la main-d’oeuvre. Comme par hasard… »
« Une pomme, je la vends moins cher qu’il y a dix ans »
Un juste prix qui se répercute inévitablement sur ceux des produits « que le marché a tendance à tirer vers le bas. Une pomme, je la vends moins cher qu’il y a dix ans alors que tout a augmenté. C’est pour ça que c’est compliqué et que des fois, on est en colère« , souligne-t-il en référence aux mouvements des agriculteurs.
« Les quatre arboriculteurs installés autour de chez mois ont fait faillite« , constate cet ancien professeur de chimie-physique à l’université reconverti/ Lui a fait le choix de concrétiser son engagement en adhérant à Génération Ecologie mais affirme s’intéresser avant tout « à la politique du terrain« .
Il porte aussi une association à vocation politique. Les écologistes du pays d’Arles, qu’il situe au « centre gauche. A gauche, parce qu’on a des valeurs humanistes, et centriste parce que je reste un homme d’affaires« . Son « en même temps à lui ».
Ludovic Tomas
ltomas@laprovence.com
[Arboriculture / Maraîchage / Production locale & circuit court]
Edition initiale : 23/11/2024










