«Il attire de nombreuses personnes à notre stand lors des salons» : l’histoire improbable du vin violet

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Surprenant mais vrai, le vin violet existe : il est l’œuvre d’un Australien convaincu du pouvoir des anthocyanes, un conservateur naturel qui peut tout à fait, selon lui, remplacer les sulfites.

De prime abord, voilà une invention bonne à faire frémir les amateurs de vin. Mais à y regarder de plus près, le «purple wine» et sa couleur violette aussi intense que surprenante ne résident pas dans une recherche esthétique purement artificielle. Réalisé à base de sauvignon et de sémillon, le vin violet doit sa couleur à ingrédient naturel, qui lui assure par ailleurs une conservation «révolutionnaire» selon Tim Macnamara, le fondateur de la start-up australienne Masstengo, créatrice du produit. Elle est liée à l’utilisation des anthocyanes en infusion, une substance qui se trouve dans les plantes ou les fruits de couleur violette comme la lavande, l’aubergine, la grenade ou le raisin.

Lorsque Tim Macnamara a lancé son projet en 2019, ce dernier est parti du constat suivant : les sulfites ou dioxyde de soufre, dont le rôle est de conserver et stabiliser le vin, semblent avoir un effet négatif sur la santé. Un vin classique contient entre 100 à 200mg de sulfites, qui sont depuis quelques années, décriés pour leurs effets néfastes. Si selon l’European Food Information Council, les sulfites sont a priori responsables de réactions allergiques légères, ils pourraient provoquer des chocs anaphylactiques chez les personnes allergiques, et sont potentiellement cancérigènes. Il s’est donc mis en quête d’un conservateur qui serait sans danger.

Un vin boudé par l’Europe ?

Pour que cette idée germe, il a fallu que le créateur du vin violet reprenne son cursus universitaire en faisant une maîtrise en économie durable, et travaille à mi-temps en tant que représentant de vin. Ce parcours lui a donné accès à de nombreuses études sur la conservation du vin, faisant éclore ce projet de remplacer le souffre par un autre agent antioxydant. Lors de ses recherches, Tim Macnamara a découvert que l’un des antioxydants les plus puissants se trouvait dans les plantes violettes, le dit anthocyane. C’est un conservateur naturel puisque issu de plantes, mais aussi reconnu comme étant anti-inflammatoire et anticancéreux. Après l’avoir testé sur ses vins, il a constaté qu’ils restaient plus frais après avoir été ouverts, et pendant plus longtemps que ceux utilisant des sulfites. «Ce vin au style luxuriant présente une pointe d’herbe et une touche de minéraux avec un équilibre parfait d’acidité naturelle et de fraîcheur complété par une finale sèche et croquante», décrit le producteur. Le vin violet semble être un franc succès dans son pays d’origine selon Tim Macnamara : «Il est immensément populaire lors des salons de vin et attire de nombreuses personnes à notre stand. Nous répondons constamment à la question ‘Alors, qu’est-ce qui le rend violet?’ Quand on explique que c’est parce qu’on a voulu réduire le souffre artificiel en utilisant un antioxydant naturel qui est violet, les gens apprécient la logique.» D’après ses dires, l’invention fait aussi fureur en Asie. Cependant, les pays européens ne semblent pas encore s’être emparés du produit. Un retard lié à la pandémie qui aurait «interrompu notre nouvelle activité pendant deux ans» selon le père du vin violet.

Première publication : 04/10/2025

Mots clés : Grands groupes chimiques – Intrants toxiques ; Général ; Marché commun européen – relations bilatérales ; Techniques alternatives de culture ; Viticulture

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Philippe Prats 

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